Voilà la fin de l’année et l’heure est au bilan pour les nouveautés de la rentrée 2012 ! Je commence cette série d’articles avec cette méthode particulière qu’est « Faire de la grammaire en CM » de Françoise Picot.

Le choix de la méthode

Quand j’ai découvert la méthode l’an dernier, le concept répondait déjà à ma pratique de classe : en CM trois ans plus tôt, je travaillais à partir des textes de Bernard Friot dans « Histoires pressées » et « Nouvelles histoires pressées » pour la lecture puis la grammaire. Je faisais des transpositions de textes, puis un travail en orthographe et en analyse de phrases. Mais le tout n’était pas très au point, pas mal de choses restaient à perfectionner… Lorsque j’ai parcouru le livre de Françoise Picot, j’ai retrouvé ce qui me plaisait dans l’exploitation de textes, la répétition des activités, l’approche spiralaire… et en plus, j’avais enfin un ensemble cohérent et complet pour une programmation à l’année. Je l’ai donc adoptée… Du moins pour la grammaire et la conjugaison. Pour le vocabulaire et l’orthographe, j’ai choisi de tester la méthode de la même auteure mais pas à la lettre, je vous en reparlerai dans un autre article…

Du travail de préparation

Cependant cette méthode a beau être très détaillée et très bien programmée pour couvrir le programme de CM, elle n’est pas vraiment clé en mains : elle est très fournie en détails et petites activités, répétitives certes mais il faut néanmoins préparer attentivement ses séances, le livre étant peu pratique à consulter en cours de séance.

La mise en pratique et ses difficultés

Au cours de la première période, j’ai essayé de suivre au plus près la méthode. Je me suis rapidement aperçue que c’était trop. Françoise Picot le prévoit dans sa présentation de l’ouvrage et indique qu’il faut faire des choix dans les activités. Mais c’est plus complexe qu’il ne parait. Pour limiter le temps, j’ai donc d’abord abandonné les collectes : je chargeais jusqu’alors un groupe (le plus à l’aise) de retranscrire les phrases et GN indiqués dans la méthode. Je me suis vite retrouvée confrontée non seulement au manque de temps mais également au problème des choix possibles : dans la méthode, l’auteure fait des choix – pas toujours explicités d’ailleurs – et mes élèves ne faisaient pas forcément les mêmes. En outre, je suis une adepte de l’explicite : je donne donc les appellations exactes pour diriger les recherches (d’autant qu’en CM, ils n’arrivent pas vierges de tout apprentissage, n’est-ce pas ?). Ce côté-là de la méthode ne me convient donc pas.

Ensuite, le temps filant toujours trop vite, j’ai commencé des diaporamas qui me permettent de reprendre toute la méthode avec un support très visuel pour moi et les élèves. Vous pouvez les retrouver dans l’onglet Grammaire du menu horizontal. Ces présentations ont sauvé pour moi la suite de la méthode. Du moins pour l’avancement des apprentissages.

Une autre difficulté est assez rapidement apparue : le temps des synthèses n’est pas clairement prévu dans la méthode. Or certaines synthèses demandent du temps, leur présentation est assez complexe et me parait peu adaptée aux élèves de CM. Pour cette année, je me suis contentée des leçons déjà présentes dans l’aide-mémoire de mes élèves et ai rajouté celles du mémo de la méthode Facettes, que j’avais exploitées quelques années plus tôt. Pour l’an prochain, je pense monter mes leçons en faisant apparaître les collectes prévues (vous pouvez voir le début de ce travail dans cet article).

Pourquoi je vais garder la méthode…

Et bien, en premier lieu parce qu’elle est très efficace auprès des élèves ! Ils se retrouvent facilement dans la succession des activités, intègrent rapidement les notions et prennent plaisir à tester leurs nouvelles connaissances la semaine suivante. Elle favorise la mémorisation à moyen et long terme et le réinvestissement tout au long de l’année, aussi bien dans le travail collectif que dans les exercices. Et c’est ce que je recherche pour mes élèves. Je constate depuis quelques années que de plus en plus d’élèves ont beaucoup de difficultés à mémoriser et ne comprennent pas qu’il faut faire un travail pour se rappeler les choses. Ils vivent beaucoup dans l’instantané et « zappent » facilement. Cette méthode les oblige, parfois malgré eux, à faire cet effort et petit à petit les notions deviennent simples.

Ensuite parce que je reste persuadée que je peux encore plus l’adapter à ma pratique et obtenir un outil très efficace pour aider mes élèves à mieux appréhender la grammaire vers l’écriture de textes…

Ce qu’il me reste à construire

  • Une programmation sur l’année qui permette de concilier les horaires, les apprentissages et les synthèses. Sans se prendre la tête sur ce qu’il faut supprimer, passer, dans l’urgence…
  • Un système pour réaliser des collectes plus basées sur les relevés des élèves
  • Des fiches synthèses et des affiches de classe claires et efficaces…
  • Des livrets d’exercices triés par niveau pour les adapter à mes Plans de Travail et limiter les photocopies.

 

Voilà pour mon premier petit bilan d’année. Et vous, avez-vous utilisé la méthode et qu’en pensez-vous ?